dimanche 19 juillet 2020

Refuge de Robert Blanc

Gravir 900m d'altitude avec un sac à dos entre 15 et 20kg, pour atteindre un refuge alpin, mérite bien une douceur.

Au refuge de Robert Blanc, à 2750m d'altitude, tout près des étoiles, on nous a servi en dessert un gâteau fait maison avec des ingrédients frais lâchés par des hélicos en mal de secours de touristes égarés.
Les différentes couches de cet assemblage gourmand et très technique résument bien "la poétique de randonnée by Seb (notre guide)" que nous avons suivi jusqu'ici. Le côté minéral de l'acsencion du jour correspond au craquelin: chemin de pierre dur, sec ... craquant dans la bouche . Les plusieurs couches de névé, où mes deux paires de chaussures se sont enfoncées allègrement, comme ma cuillerée dans les deux mousses de mon gâteau. Une bonne gelée de fruits, sucrée à souhait sépare les couches de neige. Elle symbolise cette terre nourricière qui commence à faire une apparition timide après une longue hivernage. Une terre ou des pierres qui laissent pousser, ici et là, les fleurs parsemées comme cette brunoise de nectarines. Et pour finir les trois meringues, les monts éternels qui surplombent notre paysage : le Mont-blanc.
Voilà donc un gâteau qui mérite des étoiles et qui a un sens si seulement si l'on déguste tout près des étoiles en haut dans un refuge suspendu entre les nuages.

lundi 13 juillet 2020

Du Beaufort et quelques diots

Une randonnée bivouaquée est toujours un bon moment pour déguster les spécialités de la region quand son sac à dos n'a pas encore atteint la limite des lyoph* embarqués.

Ce jour, le fromage qu'on déguste, annonce dans nos palais pleinement oxygénés, l'air de "il cataloga" de Don Giovanni de Mozart, la liste des fleurs de montagne que l'on a effleurée de nos pas. De Madama Arnica , les demoiselles Digitale ... à la belle Gentiane au bleu inimitable ... toutes ses couleurs, tous ses senteurs parfument à nouveau notre palais et résument notre parcours du jour. Et les Diots fumés, un enfummage pour touristes par le charcutier de Beaufort ? On est peut-être idiot de les embarquer avec nous. On les a fait sauter et mélangés avec nos soupes instantanées asiatiques. C'est exotique et exquis...
*lyoph : plat lyophilisé

mercredi 8 avril 2020

Quand on n’a pas de jardin ...

Quand on n’a pas de jardin,
Quand le printemps frappe à la porte,
Quand on est confiné depuis 3 semaines,
Et l’envie très forte de donner une touche de fraicheur et de poésies à mes préparations culinaires …
Alors j’ai commencé à cultiver (un grand mot car il suffit de plonger les graines une nuit dans l’eau et les faire germer dans un bocal dans le noir et au chaud) des graines de toutes sortes qui me tombent dans les mains (lentilles, soja, ….). 
Vive les graines germées* et faites rentrer dans vos appartements un jardin de fraicheur qui invite à tourner le dos à l’hiver et au confinement. 

La poésie de DOX me revient : 
Tafatsiry indray ny maitso
Eto an-tokotaninay …
Rako-pelana ny paiso,
Mavokely ranoray …

Notre cour est de nouveau
Verdoyante …
Le pêcher est couvert de pétales
Rose uni …
trad. Rasendra
* ici graines germées de cressons, de radis ...
Trentemoult Villages 08/04/2020

dimanche 22 mars 2020

Du riz au Kimchi

Juste avant la période de confinement, j’ai eu le temps de préparer avec des ami.e.s, nos Kimchi de printemps, avec les précieux conseils de Je Ju. Une recette dans la pure tradition coréenne. 
Un authentique voyage dans le monde de la lacto-fermentation douce, où l’on apprend à vivre en symbiose avec nos milliers de bactéries et renforcer le lien entre nos microbiotes internes et externes. 
Un monde de liberté car il y a autant de recette que de kimchi,  car c’est un produit vivant dont on prend soin comme de son jardin.
L’ail et le gingembre, qui donnent le parfum de la cuisine malgache, et le nuöc nam sont des ingrédients de base de la sauce. Ensuite, il faut ajouter les légumes (précédemment saumurés) notamment le fameux choux chine (pourquoi pas de petsay pour nous les gasy) , carottes, radis ….
Avec un bon riz chaud et voilà un plat qui réchauffe le coeur et qui maintient le lien entre le corps et la terre.
Alors n'hésitez pas avec ce temps au ralenti de faire votre kimchi !
Trentemoult Villages , le 22/03/2020

dimanche 17 novembre 2019

Ich spritz , du spritz, er spritz ...


Comme un feu de poudre, le Spritz est devenu à la mode en très peu de temps en Europe et notamment en France. Le terme vient du verbe allemand spritz, quand les soldats envahisseurs autrichiens ne supportaient pas le fort degré du prosecco local et leurs demandaient de le diluer - de rajouter de l'eau .

Le Spritz des soldats se composait alors de vin blanc et d'eau gazeuse et peu à peu s'est rajouté l'aperol en 1900 ...et puis un bon marketing depuis peu.

En attendant que ce soit nous cette fois qui soyons noyés dans l'eau, "acqua alta oblige", ou dans l'oeuvre de Joël Andrianomearisoa, à la 58ème Biennale de Venise, Pavillon Madagascar, nous voici en train de siroter notre premier Spritz de la nuit.
A la vôtre ! Ich spritz , du spritz, er spritz ...


Venise 17/11/19

mercredi 15 mai 2019

Fruit de la passion

Fruit de la passion
La tradition des chansons paillardes datent de la renaissance et des grands poètes comme Leconte de L'Isle, Gustave Nadaud en passant par Alfred de Musset ou Prosper Mérimée. Ils y ont contribué.
Aujourd’hui, je rends hommage, au plus célèbre des chanteurs guadeloupéens, Francky Vincent, en buvant dans sa ville natale, Pointe-à-Pitre, un Ti-punch au fruit de la passion avec l’air de sa chanson fétiche:

Francky c'est génial
Fruit de la passion
Ton dessert mon amour
Fruit de la passion
Décidément c'est dément
Fruit de la passion
Quelle aventure!
Fruit de la passion
Ça me fait soupirer
Fruit de la passion
Vas-y Francky c'est bon
Vas-y Francky c'est bon bon bon
Finalement, en goutant mon breuvage du jour, j’en déduis qu’il s’agit plutôt d’une chanson à boire, ou à inviter à boire, qu’un souk bien grivois.
Alors n’hésite pas à venir boire un ti-coup à la maison.
Y’aura des boudins (ce sera un autre article !) , du rhum et des saucissons .
Vas-y Vonjy c'est bon
Vas-y Vonjy c'est bon bon bon

samedi 13 octobre 2018

Un samedi à Nantes ...

Je me lève 
Je me douche en douceur
Je prends le bateau en badinant sur la Loire
Sur le quai, je marche sur les traces de mes ancêtres vendus 
Au marché, j’achète des brèdes d’ici
Je monte l’escalier de la faculté avec empressement,
J’anime un atelier sur l’interculturalité pour de jolies têtes blondes et brunes,
Je saute dans le tramway, je grimpe sur Chantenay
Et me voilà en train de déguster un chou farci au pigeonneau étoilé à l’Atlantide, avec la famille et les amis,
Petit à petit, je descends de mon rêve et je retrouve ma maison
A trentemoult, avant le coucher de soleil, j’ai concocté une soupe de riz avec de l’amarante, des brèdes mafanas et quelques chevalines aux couleurs rouges comme celle de la maison et du riz.