samedi 16 mai 2015

"tirami sù " ou tire-moi vers le haut

S’il y a un dessert assez mythique dont on ne sait pas trop l’origine bien qu’il soit italien, c’est le fameux « tiramisu », un des grands classiques gâteaux sans cuisson qu’on pourra réaliser sans four ( quand on est «pauvre» étudiant coincé dans une chambre de bonne) pour épater sa future belle-famille ! Il mérite bien son nom puis qu'en italien, « tirami sù » veut dire littéralement « tire-moi vers le haut », un message subliminale pour faire passer en douceur à son hôte prestigieux notre appel pour sortir de notre condition miséreuse, un message social à appliquer à nos dirigeants. Demain, je fais goûter à mon patron mon tiramisu. A la fin du mois, j’aurais peut-être une augmentation. Génial, non ? Dolce Sublime !!!

Ici deux dégustation de variante de Tiramisù e burro salato caramello e gocce di cioccolato e un altro con fichi canditi.

Gênes, Italie

vendredi 15 mai 2015

Là où il y a "Gênes", il a du plaisir ...

Goûter à des fritures de poissons quand on est au bord de mer est un bon test pour savoir la fraicheur de la pêche. A Gênes, après un plongeon dans le plus grand aquarium d'Europe et en extra quelques batraciens malgaches, j’ai été tenté par un cornet de poissons (calamars, poulpes, petits poissons) ! Excellent et en prime des frites-chips fait maison. Un vrai régal tant la panure est fine et légère. En les dégustant, je me retrouve sur la route de Foulpointe sur la RN5 Km45, avec les beignets de crevettes que seules mes soeurs compatriotes Betsimisaraka savent bien faire, croustillantes et légères et qu’on en perd pas une seule miette (la carapace y comprise).  Voilà donc le saut improbable mais tellement savoureux que j’ai fait dans ma tête: du pays où est né Christoph Colomb à la re-découverte de la cuisine de mon enfance.
Gênes, Italie

lundi 2 mars 2015

Etre ou ne pas être Charlie, là est donc la question ?

Voilà quelques mois que je me pose la question :  Qu’est devenu cet élan de spontanéité  dans le monde entier ?  Existe-t-il une valeur universelle à un instant  T  qui pourra réunir l’humanité ?  
Le dimanche de grande marche,  je suis entré à midi dans un restaurant Kebab pour commander  un sandwich  et  quelle agréable surprise lorsque le patron nous a invités à partager avec lui des huîtres et nous a servi du vin blanc !  Ce geste a fait tomber dans ma tête le fantasme d’une communauté musulmane imaginaire qui considère   : 
- le terrorisme comme « l’expression exacerbée d’un "vrai" islam qui se ramènerait en fait au refus de l’autre en pratiquant un djihad conquérant » ou,
-  qu’il existe un autre  Islam dit des Lumières, progressiste, qui incarnerait « "une religion de paix et de tolérance".  
Je pense qu’il n’y a pas de communauté musulmane, mais une population musulmane. Comme l'histoire le montre,  Il n’y a pas de choc de civilisation mais seulement des civilisations qui se rencontrent, qui s'influencent et qui s'inter-fécondent. Ce simple constat serait un bon antidote contre l’hystérie présente et à venir qui ne fait que commencer. 
Car tous les jours au boulot ou dans mon quartier ou dans la rue, je vis en harmonie avec Hassan, Reda, Sona, Isaac, Fayal, Dimitri, Pedro,  ...,  une grande majorité de population citoyenne, responsable dont en parle très peu. Il n’y a pas de communauté à stigmatiser juste un peuple qui dans sa grande majorité vit en paix avec ces concitoyens. Kebab, Huîtres, Frites et Vin blanc : je suis un peu, beaucoup, passionnément Charlie qui rêve juste d'être un citoyen du monde.

samedi 6 décembre 2014

Les choses simples me comblent du bonheur


Un voyage immobile est le meilleur des voyages. Souvent, à quelques mètres de mon lit, à quelques centaines de mètre de ma maison ou à quelques kilomètres de mon quartier se trouvent des moments inoubliables de bonheur. Cela fait trois ans que je commence à gribouiller sur mes sensations culinaires. Plus j’avance, plus je m’aperçois que pour qu’un plat soit inoubliable ce n'est pas seulement à cause de sa valeur intrinsèque (1%) mais surtout l’affect qu’il nous a produit (99%). C’est le cas du boeuf rôti froid et sa mayonnaise maison, que je déguste tous les ans, à l’anniversaire de ThibaulT, à l’invitation de ses  parents, Isabelle et Raphael. Un plat tout simple mais que j’attend impatiemment l’invitation tous les ans. Le Rosbeef a ses trois couleurs : la croûte foncée, un cercle rosé, puis l'intérieur rouge. La mayonnaise est ferme et gouteuse. 


Et le rituel s’installe et petit à petit l’amitié s’agrandit … ThibaulT aussi ! 

jeudi 13 novembre 2014

Les coquilles Saint-Jacques de Yolaine

L'histoire des épices a été de tout temps une histoire de migration et de voyage. Le combava est un agrume dont le nom provient des anciennes cartes maritimes, où une île indonésienne à l’est de Bali, dans l'archipel de la Sonde, dans la mer des Moluques, est dénommée « Sumbawa ». Comme mes ancêtres, il a navigué le long des rivages de l'océan indien avant d'atterrir sur sa terre promise sur l'île de Madagascar. Ce soir, il s'est fait invité dans mon assiette en parfumant de par ses zestes une coquille Saint-Jacques avec les gestes méticuleux et appliqués de Yolaine. Alors un adage, ou plutôt un "Hainteny"* malgache me revient à l'esprit:
Serait-ce Pierre qui sent bon la fleur ou ma grande sœur Yolaine qui fleure bon l'Ylang pour que cette pièce embaume telle la chambre d'une princesse parfumée ?
Non ce n'est point Pierre qui sent bon la fleur ou ma grande sœur Yolaine qui fleure bon l'Ylang. Mais c'est l'amitié qui exhale ses parfums, raison pour laquelle cette demeure sent bon le "fihavanana"**
Depuis, les coquilles Saint-Jacques de Yolaine sont devenues pour moi le plat de l'emblème de l'amitié car il est généreux, parfumé et sacré. Sacrément bon.
* forme savante et poétique malgache
** amitié dans le sens malgache, un lien qui cimente le peuple

samedi 18 octobre 2014

Toko telo mahamasa mahandro

Un proverbe malgache dit "Toko telo mahamasa mahandro" trad. il faut trois pieds (à une marmite) pour faire cuire le riz. De la même manière, il faut trois éléments de base pour rassasier un ventre malgache:
- le riz, ici c'est un vary gasy,
- la viande ou le poisson, ici un tilapia sauce avec son fameux "kirany". Je pense qu'il n'y a qu'à mada qu'on aime bien le fond brûlé de la marmite. Tout le concentré de sauce se trouve à cet endroit et on se bat pour le gratter avec le riz à la fin du premier service.
- et le fameux "ro matsatso", le bouillon clair qui sert à mouiller le riz, à adoucir une sauce trop succulente, on y ajoute même des petites aubergines amères afin que le
contraste soit assez fort, il sert aussi à rincer la bouche avant une autre bouchée ou après un bon ravitoto "met à base de feuilles de manioc pillées" pour enlever les traces sur les dents.
Un des trois éléments manque et le cosmos malgache n'est plus équilibré comme les couleurs de notre drapeau:
- le blanc c'est le riz,
- le rouge c'est la viande
- le vert c'est le bouillon de brèdes clair
Il faudra peut-être que nos politiciens qui nous gouvernent réfléchissent à ce proverbe et qu'ils soient persuadés que le cuisine malgache a ses spécificités. Arrêtons d'importer des formules clé en main venues d'ailleurs. Regardons en face ce que nous sommes, notre culture, pour enrichir le monde et ne pas se perdre dans un monde MacDonalisé.

jeudi 16 octobre 2014

Que choisir ?

On a fantasmé sur les crustacés, on est venu, on les a choisis et on a goûté aux fameuses langoustes et cigales de mer, pêchées au large de l'île Nato "un petit coin de paradis sur terre". Et on a comparé: il est vrai que le cigale possède un goût plus fin et délicat et se tient mieux à la bouche alors que la langouste fond un peu trop vite. Cette dernière est savoureuse et plus goûteuse. Alors, Que choisir ?

Pour le gourmet amateur que je suis et qui essaie de baratiner autour d'un plat, c'est très difficile de répondre. C'est comme choisir entre foie gras d'oie d'Alsace ou de canard du Périgord ? C'est comme dire oui à un tournedos de zébu façon Rossini et non à une entrecôte charolaise grillée aux sarments de vigne? C'est comme opter pour un Romanée-Conti trente d'âge à la place d'un grand cru Bordelais ? C'est difficile de choisir et je me retrouve à la place de mes compatriotes à qui nous demandons souvent s'ils préfèrent Tgv à la place de Hery ? Kif-Kif bourricot me répondent- ils. Ici leurs îles sont des véritables paradis mais leurs vies de tous les jours sont de plus en plus difficiles. Chez nous, en France notre quotidien (métro boulot dodo) est loin d'être un paradis mais on est en sécurité de tout. A chacun de trouver sa place mais je crois que j'ai beaucoup de chance de goûter aux deux vies. J'ai deux amours ...