dimanche 10 septembre 2017

À quand un ramanoka* bien chaud dans le quartier Bouffay à Nantes ?


J'ai goûté mon premier ramen 🍜 à la capitale et plus précisément rue Sainte Anne dans le quartier de l'opéra à Paris. Depuis je rêve en douce d'être en mission chez les titis pour pouvoir goûter mon plat favori, en attendant la propagation vers les provinces de cette curiosité culinaire japonaise. Mais s'il a fallu des décrets royaux pour imposer aux paysans de nos campagnes les pommes de terre, il faut une dizaine d'années pour qu'un boui-boui de soupe ramen arrive à Nantes avec son coté bobo chic. À quand un ramanoka* bien chaud dans le quartier Bouffay à Nantes ? Je suis prêt à athtendre 20 ans s'il le faut !
*petit beignet salé malgache à base de riz

vendredi 7 juillet 2017

Looks ce n'est pas du luxe ! Quoi que ...

Quand on est malagasy moyen et quand on a envie d'aller manger dehors à Tana vers 21h30, on ne trouve plus d'endroit où se restaurer en moyen de gamme qui soit ouvert et qui propose des plats à 5000 Ar . Un seul choix s'impose : le looks, un diminutif de loha kisoa trad. Tête de cochon. Un genre de boui-boui bien connu des noctambules gasy qui aiment les mets bien gras et bien goûteux comme le cochon. Mais cette fois ci mon dévolu est un tilapia façon locale , une poisson d'eau douce de la famille de nos perches. Le luxe ce n'est forcément le looks mais c'est de dire qu'à tout moment de la nuit à Tana, je peux goûter à mes plats préférés

mercredi 5 juillet 2017

Catering équivalent Traiteur en anglais

Dans le monde d'un artiste, il y a un mot, un terme qui vient, revient souvent pour désigner le petit en cas ou la collation offerte après le concert. En France, il s'agit souvent d'un menu froid composé de pâtés, de quelques carottes râpés ou d'une petite salade, du poulet rôti ou du jambon avec chips. Un morceau de fromage, un fruit ou une part de gâteau terminera ce menu avec un air de pique-nique. À Madagascar, pour l'opéra Les Enfants du Levant, nous avons eu droit comme la soixantaine d'enfants et adultes à un menu avec un plat chaud sur la terrasse de l'Institut FranÇais De Madagascar, ex Centre Culturel Albert Camus, Le chic absolu car on a la vue sur l'avenue de l'indépendance et en plus comme la plupart des malgaches à cette heure on a mangé debout, du "vary mitsangana", une expression pour dire "Manger du riz debout". Merci à Hetsika Madagasikara de nous avoir fait vivre cette expérience unique : manger debout comme le commun des malagasy, du riz chaud et son accompagnement mais avec vue sur l'avenue la plus connue de mada !

samedi 24 juin 2017

Voler sur air mad !

Voler sur air mad, en soi c'est un appel à surfer sur l'exotisme, goûter les repas qui y sont servis devra répondre à cette attente. Certes, il est révolu un service long courrier, l'époque où le menu est distribué sur du papier glacé avec des titres à rallonge des mets qui font rêver à quelques milliers de mètres au dessus de la terre: "canard à la sauce poivre vert accompagné du riz du lac Alaotra" ou encore "Zébu braisé façon malgache et son riz rouge", mais malheureusement la démocratisation des transports aériens fait que les plateaux repas qui y sont servis deviennent standards et les noms évocateurs d'ailleurs ont disparus dans les nuages. Sur ce vol air mad MD057, j'étais réveillé par un odeur qui m'est familière dans les gargotes des bas quartiers de Tana. Ce n'est l'effluve entêtante de la vanille, ni l'odeur poivrée du voatsiperifery, ..., c'est juste le parfum inimitable d'un bon piment gasy. Eh oui, maintenant on sert du sakay sur les vols internationaux de notre compagnie nationale, du vrai, le sakay de rue, pilé avec amour par une ramatoa aux nattes, un bon mélange d'ail, De gingembre et du piment. Celui qui réveille les papilles quand on n'a plus faim. Celui qui nous pousse pour terminer une assiette de riz blanc sans viande ni sauce. Celui qui est indispensable sur une table malgache. Celui qu'on sert à côté mais jamais cuit dans le plat. Celui qu'on trouve partout au fin fond de Madagascar. Celui qui révèle notre identité. Qui nous dit qu'on est originaire de ce pays là. Un tout petit élément qui rassemble les malgaches. Sur ce vol, je ne suis pas toujours sûr qu'il y a un pilote dans l'avion mais par contre je sais qu'il y a du sakay ! Misy sakay ve azafady ? Est-ce que vous avez du piment s'il vous plaît ?
Misy Tompoko.

lundi 14 novembre 2016

À quand le litchi « produce of Spain » ?

Il est toujours difficile pour moi de définir l’exotisme quand on a passé chaque moitié de sa vie des deux côtés de la frontière ! En tout cas pour moi, un tananarivien de souche, un « coeur de boeuf* » est un fruit étrange, bizarre, un produit purement exotique que l’on ne déguste que lors de nos escapades Pascales vers la côte-est de Madagascar. Un fruit presque indécent avec son jus laiteux qui dégouline de douceurs inconnues.
En Andalousie, quelle était ma surprise de voir ce fruit, nombreux sur les étals du marché, côtoyer les oranges et les kakis. Je me suis demandé si la conquête musulmane de la péninsule ibérique avait amené ce fruit jusqu’à l’Alhambra. Ou est-ce un des fruits dans les bagages de Christophe Colomb pour sa belle Reine Isabella. Rien de tout cela, ce fruit est arrivé à Grenade, il y a trente ans, avec la mondialisation. Une zone spécifique du versant sud de la Méditerranée Andalouse, protégée des vents du Nord par la Sierra Nevada permet d’avoir un climat subtropical adéquat pour une série de cultures tropicales. On y produit de l’avocat, de la mangue, et notre fameux « chrimiyo ou annone » en quantité ! Je l’ai dégusté et j’avais la vague impression de goûter à nouveau à un fruit défendu, à un fruit d’ailleurs, une sensation étrange où j’ai perdu toutes frontières. Et je me demande si un étranger, en Europe, qui déguste un fruit exotique de son pays, produit localement dans un pays occidental, effectue un acte exotique ? Je pense que tout est relatif mais j’avoue que pour moi le « Konkony » reste un fruit exotique, il me renvoie quelque soit l'espace temps dans mon monde imaginaire, un monde fantastique auquel je rêve encore. À quand le litchi « produce of Spain » ?

* appelé aussi annone ou pomme-canelle, fruit introduit à Madagascar par les silams de Zanzibar d’où son nom vernaculaire Konkony ou Konokonona
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dimanche 13 novembre 2016

"Vomanga* glacée"

Souvent, après la messe à Ambohimalaza, soi-disant pour nous remercier d'avoir été attentifs à l'homélie du jour, on se dirige vers les grands pâtissiers de La capitale : pâtisserie suisse, Papa Emmanuel, Colbert... . À Noël, on a le droit à nos marrons glacés. Eh oui, ma mère les adore et je n'ai jamais eu le temps de lui demander pourquoi elle adore cette friandise que nous trouvons trop sucrée. Elle nous a quitté quand j'avais seulement 10 ans. Par contre, j'ai hérité de sa curiosité pour les goûts des autres. Elle nous a encouragé et presque forcé à avoir des petits correspondants du monde entier et de nos îles avoisinantes, mais cà, c'est une autre histoire. Arrivé en France, j'étais étonné que les marrons glacés soient des mets de prestige. Cet été, j'en ai goûté chez Lilamand confiseur à L'Isle sur la Sorgue. Depuis il me trotte dans la tête d'en faire avec les patates douces. Et j'étais surpris du résultat: confite, fondante, doucement sucrée dans la bouche avec son parfum de vanille. En la dégustant, j'ai deviné pourquoi ma mère s'attachait à cette friandise venue d'ailleurs ! Son goût lui rappelle sûrement les patates douces de son enfance. À partir d'aujourd'hui, pour les fêtes de fin d'année, j'en ferai en son honneur (et pour ma propre gourmandise), du "Vomanga* glacée" ! 
* patate douce Malagasy à la chair blanche ou avec quelques taches violettes qui n'a rien avoir à celle qu'on trouve dans les supermarchés en France

dimanche 9 octobre 2016

Café crotte


Suis bi, bipolaire, pas le truc-much où on change d'humeur tous les jours . Suis plutôt tiraillé entre deux mondes: né catholique, élevé protestant. Bigot à fond côté papa et strict sans icône côté maman. Du côté cuisine, soit tripes noires avec du piment maison, soit bouillon de poule clair avec les angivy (petit aubergine très amère) qui nagent dedans. Ce qui a élargi ma palette gustative. Vu les petits arrangements dans la famille avec des frontières souvent perméables, vus les non-dits qui se devinent et les secrets connus de tous, chez nous cela ne dérange personne de transgresser, une qualité même appréciable et j'en ai fait bon usage.
Il m'arrive souvent de fuir le fade vary sosoa (riz rouge gluant) du matin pour sentir l'odeur du café maison de chez mes grands-parents paternels. Ma grand-mère grille son café tous jours l'après midi et se sert du pilon pour le moudre. La torréfaction est interdite sauf à elle, une histoire de nez sans doute où elle seule sait arrêter le feu au bon moment. 
Aujourd'hui, je vais goûter le café crotte d'Indonésie, oui j'ai bien dit crotte car il s'agit bien des déjections des civettes, des mammifères de la forêt qui ont pris soin de sélectionner dans le caféier les cerises les plus sucrées que les esclaves des grands propriétaires colons ramassaient tous les jours. Il était interdit pour eux de goûter au fameux breuvage, ils ont fait le leur en ramassant les crottes de leurs complices. 
Passé dans la tube digestif de l'animal, le petit grain en a profité pour enlever son amertume en enrichissant ses parfums de la flore intestinale de la bête. Et c'est devenu le café le plus ultra du monde (donc le plus cher). Aujourd'hui, persuadé par mon ami Sébastien , un futur barista, j'ai abandonné la vieille chaussette de ma grand-mère pour le top des papiers filtres "chemex". Nous avons goûté au café Kopi Luwak. L'odeur de la maison de ma grand mère m'a pris en plein nez.
Crotte alors, café ou tisane ?