samedi 13 octobre 2018

Un samedi à Nantes ...

Je me lève 
Je me douche en douceur
Je prends le bateau en badinant sur la Loire
Sur le quai, je marche sur les traces de mes ancêtres vendus 
Au marché, j’achète des brèdes d’ici
Je monte l’escalier de la faculté avec empressement,
J’anime un atelier sur l’interculturalité pour de jolies têtes blondes et brunes,
Je saute dans le tramway, je grimpe sur Chantenay
Et me voilà en train de déguster un chou farci au pigeonneau étoilé à l’Atlantide, avec la famille et les amis,
Petit à petit, je descends de mon rêve et je retrouve ma maison
A trentemoult, avant le coucher de soleil, j’ai concocté une soupe de riz avec de l’amarante, des brèdes mafanas et quelques chevalines aux couleurs rouges comme celle de la maison et du riz.



mercredi 27 juin 2018

Un plateau de fromage Made in Mada.


Dedi, un ami anglais de Conventry s’est disputé longuement avec moi en affirmant qu’il en a plus de variétés de fromages dans le pays de la Queen Elisabeth que celui de Macron. Surpris et étonné pour un malgache francophile comme moi. J’ai toujours appris que la France est le pays des fromages où il existe autant de variétés que des noms de villages : beaufort, brie, cantal, carré de l’Est, chaource, cœur de Bray, comté, fontainebleau, géromé, gournay, laguiole, langres, mont-d’or, munster, neufchâtel, pont-l’évêque, puant de Lille, Vendome ... . A Antsirabe, j’étais surpris quand on m’a proposé un plateau de fromages local. Alors, je me suis souvenu que quand on séjourne à Andranomadio dans notre maison familiale, en dehors du kitoza* du tsena sabotsy**, les cakes des karana*** servi accompagné de son dité ravim-boafotsy****, ma mère ne rate jamais de nous servir le fromage frais avec un simple, un double ou quelques fois triple crème à l’intérieur. 
Aujourd’hui, la vache qui rit n’est plus la seule alternative de source de calcium. Les camembert locaux et autre fromages cuits se vendent comme les mofo Gasy « à la soubique » . Et mon plateau de fromage est goûteux et je dirais qu’il a du caractère, il manque juste un petit chèvre bien sec pour couronner le tout mais peut-être côté Ihosy, on en produit ? Alors je peux rêver qu’un jour on aura un fromage local bien de chez nous produit avec un champignon spécifique, endémique, il sera d’origine contrôlé, couru par les amateurs du monde entier et qui rivalisera en attraction touristique avec les lémuriens ou autres caméléons. Maintenant, je suis d’accord avec Dedi qu’il n’y a pas que la France qui produit des bons fromages.
*viande fumée de filet de zébu (pour le riz du matin)
**marché du samedi
***marchand info-pakistanais 
****amphloia theiformis, thé vert

mardi 26 juin 2018

Avocat & rhum


Un proverbe malgache disait:
« Je suis le riz, vous êtes l'eau. Dans les champs ils ne se quittent pas .Dans le village ils restent ensemble. Chaque fois qu'ils se rencontrent. C'est entre eux un amour nouveau ». Je commence souvent mon discours de cette façon mais aujourd’hui j’ai dû mal à associer l’avocat avec le rhum sauf peut-être aller vivre au Mexique avec le classique guacamole servi avec de la téquila. Alors à la mode de Rabe, je vais essayer de poétiser :
Tu peux choisir entre l’avocat bien mûr de la saison parfumée qui rassasiera rapidement ta faim mais voici qu’on te propose un rhum arrangé* au goût d’amande douce qui coulera dans ta gorge sèche. Que prendras-tu ?
Alors je réponds : Les deux, l’un me donnera la sérénité le jour, l’autre me donnera le feu pour affronter la nuit alors je serais vraiment en paix. 
Merci à Fanja & Remy pour leur accueil et ce petit apéro improvisé.

samedi 23 juin 2018

Continental ou des Îles ?


Je me suis toujours toujours demandé ce qui se cache derrière la petite proposition le petit déjeuner « continental ». L’adjectif continental s’oppose généralement « à des Îles » mais aussi ? À léger, à salé, sans œufs, sans bacon, ... . 
A Tana, dans un hôtel grand luxe Malagasy San Cristobal , il s’agit d’un buffet à volonté avec son salade de fruits frais exotiques, café, thé, et ses viennoiseries « très frenchy », avec une particularité typiquement malagasy le « vary sosoa sy kitoza»*. J'en déduis que mon petit déjeuner n’est plus continental car il y a du salé, il s’agit bien d’un petit déjeuner des îles. Pas ceux des îles britanniques, ni des îles Mascareignes mais bien de l’île de Madagascar. Mais oui bien-sûr dirait Mr Watson ! Madagascar est bien une île continent. Donc on sert bien un petit déjeuner « continental des îles ». L’énigme est résolu. 
La prochaine fois lorsque je serais en mission à La Défense à Paris, pour mon petit déjeuner continental des Îles, je réclamerai du kitoza à la place du bacon à défaut du riz !
*soupe de riz avec son filet de zébu légèrement fumé

jeudi 8 février 2018

Le jeu de domino

Manger du gras n’est pas donné à tout le monde ! Apprécier le gras n’est pas de toutes les cultures. Pour les malgaches « qui se doit », le gras est synonyme de festivités, de convivialité et de partage surtout lors de la cérémonie de retournement des ancêtres où l’on partage le riz gras avec tout le village. Et même dans ma famille protestante où le maigre est fait roi, on déroge de temps en temps à un bon confit d’oie au porc le jour du seigneur. 
Le domino est un jeu populaire dans les familles, que l’on pratique souvent après un repas de dimanche pour mieux digérer le gras avec l’eau de riz brulé brûlant. Un jeu où il faut se débarrasser très vite de ses pions pour gagner, liquider son « gras double », double six qui compte douze, pour mieux conserver son « double blanc ». Grand dyslexique comme je suis, je confonds encore le gras avec le blanc et je perds au jeu malgré les recommandations averties de mes tantes « Débarrasse toi des tes gras doubles !». Aujourd’hui, devant la pancetta*, je n’ai écouté que l’appel du ventre. J’ai gardé les blancs comme autrefois et tant pis si je perds car la vie n’est qu’un simple jeu de domino.

* Gran Canaria, Valsequillo, février 2018

lundi 25 décembre 2017

Noël ne se fête pas sans sa famille !

Alors un gasy Kely comme moi qui a perdu sa maman à l’âge de 10 ans, j’ai toujours appris à être adopté et même le temps d’un réveillon. La vraie insouciance, je l’ai perdue avant mes 10 ans et je m’aperçois que ma vie est une éternelle recherche de ces instants où j’ai vécu dans une entité fusionnelle et unique d’une cellule familiale. On était 4 et ils me manquent. Aujourd’hui quand j’ai confectionné ces gâteaux de cygnes*, je me suis aperçu que ce n’est pas gratuit de ma part.  Inconsciemment, j’ai envie de me joindre à eux. Je suis comme un petit Poucet qui recherche les traces des petits cailloux qui me permettent de les retrouver. Mais depuis j’ai construit une famille et cette fois-ci je ne les abandonnerai jamais. Ensemble nous allons vous retrouver au bord du lac alors fais nous signe !

JoyeuX Noël à Tou(te)S


*pâtisserie suisse à Antananarivo

samedi 16 septembre 2017

Une pièce à démonter !


Je vous recommande vivement le livre de Blandine Le Callet qui s'amuse à raconter une journée de noce inoubliable notamment autour de la fameuse scène de l'arrivée de la pièce montée. Il s'agit d'un grand moment symbolique où le roi et la reine de la soirée signifient devant leurs sujets leur union éternelle en tranchant la tête du gâteaux à quatre mains. Trop violent pour moi et pourtant je ne sais pas pourquoi j'ai toujours rêvé de cette fameuse pâtisserie, la plus classique et la plus classe, la plus festive, la plus gourmande, la plus parfumée ... cette pièce peut devenir en fin de repas un sujet de discussion infinie entre convives quand on n'a plus rien à se dire. Ce jour, pour moi (plutôt pour nous), il s'agit de servir 4 pièces montées de 4 parfums différents à la centaine de convives : Grand-Marnier, Vanille, Chocolat ... . Moi je veux ceci, moi plus de caramel, moi avec des dragées, moi je veux le gros, moi pas de sucre ... . C'était un mic-mac de gourmandise. On se donnait un plaisir à servir les 300 choux et surtout à démonter notre pièce montée. Les mains pleines de cambouis, pardon, pleines de caramel et crème ... je crois que mon costume est foutu mais j'étais HeureuX (pardon nous étions heureux) !
Vives les mariés